Life report

Africantape par Julien Fernandez : un label, son image

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Julien Fernandez, musicien – un temps nantais (Chevreuil, Passe-Montagne) –, créateur du label Africantape, apporte un soin particulier à l’objet disque et son artwork. Nous l’avons invité à exposer son travail photographique (réalisé avec son compère Alessio Federico) du 4 au 15 novembre 2014 dans le cadre de notre quinzaine « Artwork, l’identité visuelle dans la musique ». Mais pourquoi apporter en 2014 autant d’importance à l’image et au support physique ?

« Mon but est de faire des disques aussi parfaits que possible avec des moyens somme toute limités. J’ai travaillé avec beaucoup de graphistes différents. Parfois, les groupes s’en sont chargé eux-mêmes, parfois je m’en suis occupé. Je suis toujours le dernier, par contre, à vérifier et revérifier tous les aspects techniques avant de lancer les productions. Je m’occupe moi-même de mettre les disques en scène (dans le sable, sur un terrain de foot, brûlés, cassés, plongés dans l’eau…), avec un ami italien photographe, Alessio Federico. Quand j’ai commencé à faire ça, je travaillais sur l’élaboration d’un nouveau site Africantape.

Un produit, une description, une image, un bouton pour acheter

J’avais regardé un peu sur le web ce que les autres labels proposaient. Tout était identique : un produit, une description, une image, un bouton pour acheter. Ça ne m’a pas paru très original et tout était focalisé sur l’aspect marchand. Au même moment, je préparais également la sortie de « White Death & Black Heart » de Peter Kernel. La version LP était particulière : une photo imprimée à l’intérieur d’une pochette simple. Pour la voir, il fallait donc déchirer la pochette et l’ouvrir en deux. La question du pourquoi est toujours en suspens dans mon esprit, et je n’ai pas vraiment de réponse à donner mis à part l’envie d’une esthétique et d’un positionnement différents. Ayant un père photographe, j’ai toujours évolué dans le jugement de l’image et dans la question du pourquoi.

Une brèche entre la musique et sa représentation iconique

Je dirais que je connais beaucoup mieux ce qui ne me plaît pas que ce qui me plaît. Certains des groupes avec lesquels je travaille (Aucan, Hey!Tonal, Peter Kernel, Honey for Petzi, Shipping News, The Conformists) ont des designers, d’autres font appel à des amis photographes et graphistes, et d’autres à moi. Dans tous les cas, je crois qu’une esthétique Africantape est toujours respectée, dans l’engagement sonore comme dans le domaine visuel. Je trouve intéressante la brèche entre la musique et sa représentation iconique : plus l’écart est vaste, plus il génère des interrogations. »

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EXPOSITION
« AFRICANTAPE, 2008-2014 » PAR JULIEN FERNANDEZ
4 > 15 NOVEMBRE 2014 > TREMPOLINO
DU LUNDI AU VENDREDI, 10H–20H ; SAMEDI, 14H–18H30
Infos >>

CONFÉRENCE
« MUSIQUES, INDÉPENDANCE, ITALIE, FRANCE » PAR JULIEN FERNANDEZ
4 NOVEMBRE 2014 (18H30) > TREMPOLINO
EN PARTENARIAT AVEC STEREOLUX
Infos >>

L’intégralité de cette interview est à lire dans notre revue Tohu Bohu 303 à paraître le 13 novembre 2014 – 96 pages – 15€.
En ligne sur www.tohubohu-media.com chaque semaine, un article sur le design dans les musiques actuelles (portraits, interviews croisées de graphistes et de leurs commanditaires, décryptage d’identités visuelles fortes de festivals, scènes, d’artworks de groupes…).

Pour aller plus loin

Une sélection d’ouvrages autour de l’identité visuelle dans la musique par Sandrine Martin, chargée du fonds documentaire de Trempolino. Ces ouvrages sont disponibles en consultation et en prêt au centre information-ressources de Trempolino.

CONSULTER NOTRE SÉLECTION D’OUVRAGES

LE SITE D’AFRICANTAPE

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