Life report

Ils répètent à Trempolino : Romantic Warriors

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En tant que musicien résident de nos studios de répétition (avec le collectif fvtvr), Raphaël d’Hervez passe beaucoup de temps à Trempolino. Dernièrement, on l’a aperçu trainer avec ses anciens camarades de feu-Minitel Rose pour un nouveau projet conquérant : Romantic Warriors.

Peux-tu nous raconter comment se sont passés ces retrouvailles musicales ?
Depuis la fin de la dernière tournée de Minitel Rose il y a quatre ans, nous avions envie de prendre le temps de développer d’autres projets sur notre label fvtvr (Pegase, Disco Anti Napoleon, Rhum For Pauline, etc). Nous n’avons pas arrêté de faire de la musique ensemble, sinon très vite cela nous manquait, car nous avons une grande facilité et beaucoup de plaisir à jouer tous les trois. Nous sommes capables de passer des heures en studio, quasiment sans se parler, sans réfléchir, un peu comme si nous conversions encore mieux avec des instruments. Depuis toujours nous pensons que le lieu où la musique est créée est très important, qu’il a une influence majeure sur la composition. C’est pourquoi nous aimons de temps en temps sortir de nos studios d’enregistrement et investir des lieux qui ne sont pas prévus pour faire de la musique. Nous y installons le plus de matériel possible, et le fait d’y être pour une durée limitée nous force à aller au bout de nos idées. Il est rare que nous terminions une chanson à un endroit différent du lieu où nous l’avons commencée, car l’inspiration est différente. Au printemps dernier, nous nous sommes installés dans une maison de campagne datant du siècle dernier, perdue dans les marais salants près de Guérande, là où Romain Lemé dessine le plus souvent (notamment la pochette de notre album). Nous n’avions jamais parlé de se réunir pour faire un nouveau projet, juste pour faire de la musique simplement. Nous nous sommes installés durant la journée et nous avons passé notre première nuit à enregistrer des improvisations. Le lendemain nous avons réécouté nos sessions, nous avons alors compris que nous venions de créer un nouveau projet, largement inspiré par la cité médiévale à quelques minutes, et par notre passion pour les épopées fantastiques : nous avons fait naître Romantic Warriors. Notre premier album Brothers Of The Sword sorti en décembre dernier, a été entièrement enregistré durant cette nuit.

Est-ce que l’impro sera aussi l’essence de vos concerts ?
L’improvisation est au coeur de notre projet, nous ne voulions pas changer cet aspect pour la scène. Romantic Warriors est une musique présente, qui se crée dans l’instant, et c’est aussi le cas en live.  Je trouve ça intéressant pour le public que la musique qu’il entend soit unique, qu’elle n’ai jamais été interprétée auparavant et ne le sera plus jamais. Nous profitons du fait de nous connaître parfaitement tous les trois, nous sommes toujours dans le même propos, chacun est un moteur pour les autres, c’est ce qui fait que l’improvisation est possible. Nous nous sommes d’abord entrainés à faire des sets de la durée du concert, pour bien prendre conscience du temps qui nous ai donné, nous inventons une histoire au fur et à mesure, avec un début et une fin. Pour notre premier concert, nous utilisons 14 synthétiseurs et à peu près autant de pédales et machines à effets, datant de 1970 aux débuts des années 2000. C’est du matériel très intuitif, sans ordinateur, cela nous permet d’avoir d’infinies combinaisons sonores, c’est une configuration où tout est possible. Nous avons aussi envie de changer notre configuration suivant les concerts, parfois avec d’autres machines, avec plus ou moins de matériel, pour que cela soit différent à chaque fois. Quand nous avons commencé le travail sur le live, nous avons enregistré 12 sets pendant une semaine, soit à peu près dix heures de musique, nous avons pris le temps de tout réécouter. Nous étions surtout à la recherche de ce qui ne marchait pas, pour ne pas le reproduire, nous avons également découvert que certaines ambiances, certaines histoires revenaient. Nous essayons de les améliorer à chaque set, mais toujours en improvisant.

Est-ce un projet éphémère ou avez-vous des projets déjà bien précis quant à l’avenir de Romantic Warriors ?
Ce n’est pas un projet éphémère, nous avons envie de jouer, de sortir des disques. Avec l’aide du Lieu Unique nous allons pouvoir présenter notre premier concert en quadriphonie au festival Assis ! Debout ! Couché !. C’est quelque-chose qui maintenant nous tient à coeur. La quadriphonie permet a notre musique de complètement occuper l’espace du lieu dans lequel nous jouons. Le public est dans une enveloppe sonore en quatre dimensions, à chaque instant c’est nous qui décidons où chaque son va être présent dans la salle, c’est encore une fois improvisé sur le moment. Nous commençons également à penser, pour plus tard, à jouer accompagnés de vidéo, mais nous aimerions aller plus loin qu’une performance ciné-concert classique.

Assis, debout, ou couché ?
Couché !

LEUR PREMIÈRE DATE DE CONCERT
• samedi 28 mars au festival Assis, Debout, Couché ! au Lieu Unique à Nantes.

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