Life report

Imhotep : retour aux sources et résidence avec Meis

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Imhotep, beatmaker d’IAM était à Trempolino début octobre. Une sorte de retour aux sources pour cet ex-Nantais qui a vécu dans la Cité des Ducs au début des années 80. Il nous a fait l’honneur de partager son expérience lors d’une masterclass publique mais aussi lors d’un travail de production en studio avec le rappeur Meis dans le cadre de notre accompagnement 360°.
Photos : David Gallard/CLACK et Benjamin Rullier.

Donc qui dit Trempolino, dit Nantes, un retour aux sources pour toi ?
Forcément un peu de nostalgie dans ce retour… J’ai passé mon adolescence à Nantes, c’était les années 70, les années de mes « premières fois » ! Toute une époque riche d’expériences et d’enseignements… Mais retour aux sources pas vraiment, car je ne suis pas nantais « de souche ». D’origine espagnole, né en Algérie, mes sources sont plutôt méditerranéennes.

Que dirais-tu du « potentiel » de Meis ?
Meis a un énorme potentiel en tant que rappeur et il a déjà bien commencé à l’exprimer. Au niveau écriture et « flow », il a déjà sa place parmi les grands. Après, comme nous n’avons pas de radio rap en France (et encore moins de télé !), il est dommage que l’on entende pas ce genre d’artiste sur les ondes de notre pays. Autre qualité, il sait s’entourer : le choix des ses partenaires techniciens et beatmakers fait preuve d’une grande maturité… Big-up à Dready et Axel !

À chaud que peux-tu dire de ces trois jours d’arrangement ?
On a rapidement trouvé notre manière de travailler ensemble. Comme nous partageons déjà le langage et les codes du hip hop, j’ai ai été vraiment à l’aise dès le premier instant et j’ai eu l’impression immédiate de bosser « en famille » ! Le talent de Meis et de son équipe a fait le reste.

Quels axes de travail dégages-tu pour la suite, les mois à venir ?
J’ai demandé à ce que l’équipe me tienne au courant de l’évolution des titres commencés et même de l’avancement du projet, histoire de donner mon feed-back à cette création. Et on va forcément rester en contact pour la suite : j’ai d’ailleurs invité Meis à intervenir sur un projet rap collectif qui se prépare en faveur des réfugiés de Calais.

Tes actus (du côté d’IAM notamment…) ?
On revient ces jours-ci de New-York, où nous avons mixé notre prochain album pour une sortie début mars 2017… Je vous préviens , il y a du très, très lourd !!! D’ici-là on sera en promo et pour la fin de l’année 2017 se prépare un gros évènement : la tournée anniversaire des 20 ans de L’École du Micro d’Argent ! Je précise pour les néophytes que IAM est le seul groupe de rap français qui tourne depuis 25 ans. Je précise aussi que cet album est un record absolu de vente en rap français, seul album à être classé dans le top 10 en back-catalogue ! À l’heure actuelle où le jeune public semble touché d’Alzheimer précoce, les « tubes » ont une durée de vie de 3 jours… Du coup, ça nous fait vraiment plaisir de continuer à toucher un public multi-générationnel avec des titres qui ont plus de 20 ans !

Tu as un problème avec l’auto-tune 🙂 ?
Aucun problème avec l’auto-tune, mais ça me fait beaucoup rire : C’est devenu un « private joke » entre beatmakers ! Pour moi c’est un « gimmick », un standard sans lendemain (comme les snares de TR808 et les roulement de high-hats, autre private joke !). Plus sérieusement, je préférais l’auto-tune dans le raï des années 80 : c’était vraiment innovant et moderne à l’époque… D’ailleurs, les Américains commencent à arrêter de l’utiliser et ça fait du bien ! Dire qu’il va falloir attendre cinq ans de plus pour que ça s’arrête en France… Patience, le verdict du temps va mettre tout le monde d’accord.

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