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KAEL, Odor, Rout’s Wayne : l’écurie 2018 du programme Buzz Booster

Illustration de l'article « KAEL, Odor, Rout’s Wayne : l’écurie 2018 du programme Buzz Booster ». © KAEL / DR. © KAEL / DR

KAEL (Nantes), Odor (Angers) et Rout’s Wayne (Nantes) forment l’écurie Buzz Booster 2018 : dispositif de repérage et d’accompagnement pour de jeunes groupes de rap porté pour les Pays de la Loire par Pick Up et Trempo. Rencontre avec ces trois projets aussi différents que motivés.

— par Cécile Arnoux

Ils joueront le jeudi 8 mars prochain à Stereolux (→ en première partie de Kacem Wapalek) dans le cadre du festival HIP OPSESSION, et à l’issue de ce concert, l’un des trois sera sélectionné pour la finale nationale.

Pourriez-vous, chacun, présenter les deux autres groupes ?
KAEL – Je les connais peu, Odor me semble être pas mal inspiré par l’egotrip et la mouvance trap, Rout’s Wayne se fait plus discret, le seul morceau que je connaisse de lui est Juninho, plus posé, flow travaillé, utilisations de samples et instrumentale à la Jay Dee. Ils sont très différents l’un de l’autre mais bon dans leurs styles.
Odor – KAEL et Rout’s Wayne, deux artistes français de l’ouest également sélectionnés au Buzz Booster.
Rout’s Wayne Je connais Odor de nom car il est en lien avec le groupe nantais Omni dont je connais plusieurs membres. Concernant KAEL, j’avoue ne pas connaitre son parcours.

Buzz Booster, qu’est ce que cela induit et qu’est-ce que vous en attendez ?
KAEL C’est l’opportunité de faire des belles scènes, de chouettes rencontres musicales et développer mon projet dans de meilleures conditions (travailler la scène, produire un album de qualité, bénéficier d’un coup de pouce sur l’exposition médiatique, la communication, la mise en image et le démarchage de salles de musique actuelle et de festivals). Ça m’a également déjà donné l’opportunité d’agir comme intervenant régulier dans un atelier rap avec des élèves du Lycée de La Joliverie via le dispositif MAD de Trempolino.
Odor C’est un tremplin musical avantageux pour les jeunes artistes souhaitant se développer sur scène. Je n’en attends rien, j’espère juste faire la meilleure des prestations possibles.
Rout’s Wayne C’est une sorte de reconnaissance pour moi. Buzz Booster devrait m’apporter une aide au développement artistique, des contacts, des liens avec des infrastructures pas forcément accessibles à tous, l’accès à des locaux de répétitions adaptés et la mise en avant de mon projet solo.

Quels sont vos « atouts » pour ce tremplin/dispositif ?
KAEL – Mon atout principal est que j’écoute beaucoup de musiques différentes depuis toujours, je me sens donc influencé autant par la pop indé que par la musique électronique et bien sûr le hip hop. En 2018, je compte faire ressortir ce côté ouvert sur les autres styles musicaux. Pour moi, la mélodie est super importante, j’aime que l’on puisse fredonner mes morceaux. Un autre de mes atouts est que je n’ai pas la volonté de reproduire des codes, j’ai conscience d’être différent dans le paysage rap actuel et ça me va très bien comme ça. Je respecte énormément le hip hop et ses vrais activistes, mais j’assume aussi mon côté décalé.
Odor Je n’en sais rien… je dirais ma détermination et mon arrogance… quand on est sur scène avec mon équipe, on est pas les mêmes, ahah…
Rout’s Wayne J’essaie de proposer une musique originale avec un univers qui m’est propre. Je suis seul sur scène, je ne peux pas me cacher, c’est ce qui fait ma force. J’ai déjà fais pas mal de scènes dont des premières parties, cette expérience est un atout à mon sens.

Quel regard portez-vous sur le hip hop et quel artiste ou groupe intègre le mieux selon vous le hip hop actuel ?
KAEL – J’ai tendance à dire que je l’aime autant que je le déteste. Je prends des claques incroyables par des rappeurs qui me surprennent dans leurs évolutions, leurs prises de risques et la qualité de leurs textes. Il m’arrive aussi d’être assez consterné par beaucoup d’autres rappeurs…  Je dirais que ceux qui représentent le mieux le hip hop actuel sont ceux chez qui tu ressens une bonne connaissance de l’histoire de cette musique et qui ont su la faire évoluer vers quelque chose de nouveau, d’hybride, à la croisée des genres. Je pense à Nemir, Lomepal, Caballero & JeanJass, la SuperWak Clique, Myth Sizer, les membres de L’Entourage et d’1995 qui ont amené un réel vent de nouveauté depuis 2011.
Odor– Le hip hop c’est très sympa (rire). Je ne pense pas qu’il faille intégrer au mieux cette culture mais plutôt l’utiliser pour créer son propre univers personnel. Respecter les codes, c’est bien. En créer de nouveaux, c’est mieux, enfin à mon avis… C’est un genre très varié, très vaste aujourd’hui. Après, oui, il y a la trap, le Boom Bap, et bien d’autres. Mais notre époque évolue, et je pense que les auditeurs demandent juste à pouvoir écouter de bons artistes (rap hip hop) qui font de la bonne musique et sont dans leurs propre délire.  Des artistes comme Ichon, Makala en pays francophone, sont pour moi des rappeurs actuels qui ont tout compris d’un point de vue artistique. Ils ont leurs trucs, leurs personnages… On fait de la musique avant de faire du rap.
Rout’s Wayne Le hip hop c’est presque un mot à l’ancienne ! Le mouvement a beaucoup évolué depuis les années 80. Aujourd’hui, les rappeurs ne font plus forcément du « hip-hop » au sens propre. La musique a changé, les codes aussi. Le rap s’est démocratisé, c’est une musique de plus en plus écoutée et diffusée. Pour moi il n’existe pas UN représentant de la culture hip hop, c’est beaucoup trop vaste. Le rap est devenu tellement diversifié qu’il est difficile d’en élire un représentant. Écouter Orelsan, Jul ou Damso ce n’est pas aimer la même musique !

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