Life report

Musical’Ouest : chroniques musicales au lycée Nelson Mandela

Illustration de l'article « Musical’Ouest : chroniques musicales au lycée Nelson Mandela ». © Maëla Mainguy. © Maëla Mainguy

Soixante élèves du lycée Nelson Mandela (Nantes) ont élaboré des chroniques musicales sur le titre de leur choix parmi une playliste d’artistes ligériens proposée par Trempolino. Quatre ont reçu un prix le 5 avril dernier au lycée.

— par Cécile Arnoux

Prix des élèves : Inüit

Un nom glacial mais un titre solaire…
Si vous pensiez que l’on ne peut que nager dans une piscine, détrompez-vous ! C’est dans ce lieu atypique que le groupe de pop-électro Inuït a tourné le clip de son titre phare, Dodo Mafutsi. Il évoque, entre insouciance et sérieux, la paralysie du sommeil ainsi que ses symptômes : le paradoxe entre l’emprisonnement avant l’accès au rêve et la liberté de ce rêve, lucide. Du haut de leur vingtaine d’années, ils échangent autour de sujets notables… Mais qui sont-ils réellement ? 
Originaire de Nantes, ce combo de six jeunes, a vu le jour en 2013, entre le lycée et l’école de musique. C’est ainsi que 5 musiciens, Simon (batteur), Pierre (percussionniste et saxophoniste), Pablo (percussionniste également et tromboniste), Rémy (pianiste) et Alexis (bassiste et pianiste) accompagnent l’unique chanteuse et seule fille de la formation, Coline. Nous aurions pu avoir peur du changement de chanteuse en 2015. Malgré tout, ils restent très soudés et écrivent leurs morceaux ensemble tout en poursuivant leur exploration du monde de la musique et de ses diverses influences. Leur notoriété grandit au fil des mois. Ils ont d’ailleurs participé au festival Rock en Scène l’été dernier.
 L’album, dont la sortie très attendue est prévue pour ce premier trimestre 2018, comportera des morceaux en anglais avec une structure simple et sans recherche absolue de technique. Dodo Mafutsi en est ainsi le parfait exemple. Nous avons eu un véritable coup de coeur pour ce titre ! Le contraste entre le sérieux de ses paroles et les sons envoûtants qui les accompagnent prend aux tripes. Il s’agit d’un véritable chef d’oeuvre musical alliant originalité et simplicité. Alors, à vos marques, prêts ? Partez ! Leur page Facebook n’attend plus que vous !
Flavie Banloeil et Agathe Herbaut.


Prix des artistes (Tom Beaudouin/Fragments, Delphine Coutant, Hugues Pluviose, Leïla Bonous) : Gabriel Saglio

Déjà plus de quatre cents noyades en Méditerranée depuis le 1er janvier 2018. Derrière ce chiffre énorme, combien de destins brisés, combien de projets anéantis, combien de familles détruites… ?
 Osez écouter Un bout de terre entre les doigts, titre phare du dernier album Le chant des rameurs de Gabriel Saglio. Son grain de voix si particulier nous touche quand il chante la vague d’émotions qui, elle aussi, noie les migrants. Petit à petit, à l’écoute de cette dénonciation, la colère prend le dessus sur la tristesse. Et là… une envie d’extrême solidarité nous submerge. Ça prend aux tripes… Et ce n’est pas fini ! L’artiste, toujours aussi engagé, dénonce l’illusoire terre d’accueil « la société européenne qui ment et vend du rêve ; une Europe dégradante et opulente. » Les paroles illustrent la sublime musique et font entendre la voix de ceux qui ne l’ont pas. Le chaleureux timbre de la chanteuse malienne Mamani Keïta apporte le soleil du Sud tandis qu’elle dialogue avec le violon. Des frissons partout ! Bref, un grand morceau qui est tout simplement un magnifique hymne à la lutte contre l’éclatement familial des migrants.
Léa Suire.


Prix des structures culturelles et des médias (La Bouche d’Air, Le Nouveau Pavillon, Sourdoreille, Fragil, Trempolino) :  Graceful

Est-il possible de produire un rock alternatif parfois grunge, adoptant des tendances électro allant jusqu’à un son psychédélique, rendant une musique perturbante et addictive ? C’est par un grand “OUI” que le groupe Graceful peut nous répondre sans fausse modestie avec son tout premier album : No one hears us. Originaire de Nantes, ce quatuor s’est lancé, après plusieurs Extended Play dans un album aux influences multiples, proposant un scénario de science-fiction traitant des réseaux sociaux par une approche lugubre et originale. On remarque une volonté de proposer une musique complète et réfléchie, notamment à travers le quatrième morceau Sweet Revolt ! Ces 3 minutes de pure ambiance rock se démarquent dans l’album, rappelant un style tout droit venu des Pink Floyd par la chorale d’enfants du refrain et par des riffs lourds ainsi que des breaks qui s’envolent ! Le contraste entre une ambiance très enfantine, donc innocente, et un son sombre et sinistre forme une atmosphère mélancolique et agréablement troublante. Selon nous, cette musique prouve que Graceful parvient à être efficace avec un format court en donnant un véritable mouvement pop rock crédible.
Marie Sevenans et Juliane Salzat Hervouette.


Prix du lycée (équipe pédagogique du lycée Nelson Mandela) : Ultra Vomit

“Kammthaar” hurlent-ils à bord de leur énorme camion américain, tandis que vent et flammes s’imposent sur le plateau de tournage. Voici le second titre de leur nouvel album Panzer Surprise, autrement dit… Char Surprise. Actif depuis 1999, ce groupe de heavy metal parodique, de grindcore et de deathgrind, composé de quatre membres, s’attaque à tout ce qui bouge. En effet, ses titres tels que Souris Verte, Brutality Brutalized, et One Chiotte caractérisent ce groupe : énergie sans limite, parodie amplifiée… Kammthaar est une imitation du groupe Rammstein, idole d’Ultra Vomit. Le clip, quant à lui, reprend ceux de Rammstein avec des images sombres, des effets pyrotechniques… L’aspect humoristique s’accentue lorsque U.V. insère un mini hommage à Marc Lavoine : Elle a les yeux revolver. Ricaner est la première réaction face à cette « explosion de shrapnel » ! Pourtant elle finit par nous plaire, nous faire rire. Comparer le clip accompagné de la musique à un « punching ball » n’est pas anodin ! C’est un vrai défouloir !
Gabriel Mino et Rafaël Thibault.

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