Life report

Portrait : Caroline Baudry, chargée de production à Trempolino

Illustration de l'article « Portrait : Caroline Baudry, chargée de production à Trempolino ». © .

Elle est aux musiques actuelles ce qu’Animal est au Muppet Show. Même énergie débordante, même jeu de sourcils, même empathie pour autrui. Caroline Baudry est chargée de production à Trempolino depuis 2009 et à ce titre toujours au four et au moulin. Logique pour une fille de pâtissier.

Quittant l’échoppe familiale de La Roche-sur-Yon assez tôt, la voici donc rendue à faire ses études en LEA et en marketing/management dans l’industrie musicale à la fin des 90’s à Edimbourg. Au milieu d’un cheptel d’hommes mancuniens et écossais, la voici propulsée seule étrangère et surtout seule nana dans cet univers suant de virilité. C’est grâce à l’entremise de l’un de ses profs, Bruce Findlay, manager des Simple Minds, qu’elle se retrouve embauchée à Paris comme assistante du producteur Dominique Revert chez Alias de 1999 à 2005. À l’époque, Alias, tourneur orienté pop rock, dit-elle, c’est un roaster de rêve : Festival des Inrocks, Noir Désir, Eels, Grandaddy, The Cure, PJ Harvey… Et des petits nouveaux : Muse, des inconnus qui cherchaient alors la notoriété.

« J’ai été aussi bien marquée par les artistes renommés que par les autres. Les musiciens sont des personnes ‘extra-ordinaires’ »

« J’ai chanté du Nick Cave dans les loges d’un petit espace culturel d’Oslo avec Cantat et me suis retrouvé avec le même Nick Cave assise sur un flightcase avant son rappel à L’Olympia ». Caroline en a vu des vertes et des pas mûres. Surtout avec la sale habitude des frères Gallagher à annuler leurs concerts après s’être foutu sur la tronche en loge. Après cette époque bénie Alias, elle passe un temps par le Zénith de Nantes puis par La Bouche d’Air, et elle atterrit avec armes et bagages en 2009 à Trempolino. Lesdites armes : sourire, grosse énergie et un sacré sens du relationnel. Il en faut pour suivre la flopée de groupes que nous accompagnons chaque saison, que ce soit à Nantes, en France aux Trans Musicales de Rennes, au Printemps de Bourges ou bien à La Nouvelle-Orléans où elle part chaque année bichonner les stagiaires de notre formation brass-band/fanfare.

« Les musiciens sont des personnes ‘extra-ordinaires’. J’ai beaucoup d’empathie pour eux, même si parfois c’est difficile de les suivre ». Mais, finalement, elle est aussi est difficile à suivre, entre un tour à la plastifieuse pour préparer des pass, son ordi pour finaliser une feuille de route, son téléphone pour caler une résidence ou bien un studio de Trempo, à la pause déjeuner, pour une séance – détente – de gym Pilates. Il faut la suivre l’animale.

Une question ?