Life report

Sonor#8 : Agathe Pamart, briseuse de paix

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Rencontre avec l’artiste plasticienne Agathe Pamart autour des oeuvres qu’elle présente à Trempolino, jusqu’au 26 avril, dans le cadre du festival sonor#8.

Peux-tu nous expliquer ton parcours ?
J’ai fait des études de Lettres, après le bac, puis l’usine. Et après l’usine : l’école des Beaux-arts de Quimper. Je travaille autour du son depuis quatre ans. Je suis née dans une famille de musiciens : mon père est guitariste, mon frère est multi-instrumentiste, j’ai toujours baigné dans cet univers. Mais je me suis plutôt intéressée aux nouvelles formes permettant d’intéragir avec le son et le public. Ma première installation était par exemple des haut-parleurs installés dans une fenêtre des Beaux-arts qui diffusaient un bruit de rythme cardiaque, et qui en faisaient vibrer les parois.

Pourquoi privilégier le travail autour du son et du corps ?
Le son permet de créer du mouvement dans les sculptures. La personne reçoit quelque chose. Le son est perçu sous forme d’ondes, par l’intermédiaire du corps. Ça passe à la fois par l’ouïe et le corps. Les gens peuvent s’approcher de mes sculptures et les toucher. C’est une vraie relation tactile qui se met en place.

Peux-tu nous présenter ton projet dans le cadre de sonor#8 ?
Ce projet se nomme « Breach the Peace » (littéralement : « Trouble à l’ordre public »). Ça vient de la culture des sound systems. La techno, son aspect ‘noise’ et répétitif, voire « psyché », est un élément moteur de mes recherches. Ses effets sur le cerveau, sur le corps. C’est une musique très « brutale », avec des doses de décibels importantes. C’est une sorte de manipulation du corps. Une machine infernale qui vient troubler l’ordre des choses, l’harmonie.

Et peux-tu conclure en nous présentant chaque oeuvre présentée ?
Les trois yeux / 4e étage (nom tiré d’un livre de SF : « Les Trois Yeux » de Maurice Leblanc) : ce sont des caissons en carton dans lesquels sont diffusées des fréquences par des haut-parleurs vibratoires.
Minimal spaces / 4e étage : une chorale de haut-parleurs (onze pour être exacte) avec un son « spacialisé » autonome.
Hermetica / 5e étage : c’est une sorte de gros coeur mécanique (les haut-parleurs créent un effet visuel de coeur qui bat).
Hal / façade extérieure de Trempolino, la nuit (encore une référence littéraire cette fois à « 2001 : L’Odyssée de l’espace » d’Arthur C. Clarke : diffusion d’une bande-sonore d’un projet de virus informatique (en fait un logiciel de lecture automatique qui lit en boucle la définition Wikipedia du mot « computer »). Une sorte de mise en abîme.

Une question ?