Life report

Supermarket : drôle d'animal

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Les parents vont être contents ! Le bal des moutards trouve enfin une alternative avec Les Zanimals. Finies les écoutes à répétition des moutards ! Yes ! Le nouvel album de Supermarket sort le 20 avril et, pour l’occasion, une release party à Trempo qui promet de l’énergie, des sourires, du plaisir ! Rencontre avec Jérôme, l’homme à la veste girafe ?

Tu écoutais quel type de musique quand tu étais petit ?
Je suis né en 1973. Mes parents écoutaient beaucoup la radio, j’ai un souvenir tenace de la culture FM des années 70 et 80. Il y a toujours eu des vinyles chez mes parents, du disco, du rock’n’roll, Eddy Cochran, les Stones, les Chaussettes Noires, les Chats sauvages et j’ai eu un mange-disque pour mes 6 ans et un électrophone ensuite. J’ai beaucoup été bercé par les musiques de générique de dessins animés, dont j’ai encore les 45t. En musique pour enfants, c’était Steve Warring, j’adorai son coté obscure et cruel. Je chante aujourd’hui Les grenouilles et Le matou revient au enfants de maternelles et j’en rajoute des tonnes.

Quel est ton parcours de musicien avant Supermarket ?
Il y a toujours eu un piano à la maison. Je pianotai, à l’oreille. Puis le collège avec la fichue flûte à bec et L’hymne à la joie à tue tête. Pitié ! J’ai eu une guitare folk à 16 ans, puis je me suis acheté une basse. Premier groupe au lycée. On veut faire du bruit, du larsen, 1993. J’ai fait tout un tas d’expériences de créations et d’enregistrements avec des copains, avec des play-band. On enregistrait des ambiances sonores, puis je fais du cold wave, je découvre Sisters of Mercy, Flields of the Nephilim, And also the Trees, Dead can Dance, mais surtout Joy Division et le punk anglais, Buzzcocks, les Clash, les Français Diabologum, les Thugs, Hint, Bastärd. Arrive ensuite ma période dub, on créée avec les potes The Riddim Dub band, je suis aux claviers, on sera 6 puis la formule devient Dub Patrol. Toujours avec les mêmes, mon frère à la batterie. Le dub mûrit, c’est la première époque Zenzile et l’album Sachem in salem. En solo, je créé Korporation Koobaï, toujours du dub, avec mes machines, la première groove box et je fais 2 disques autoproduits, dont un avec mon pote Mathieu. Toujours avec mon noyau de copains, on écrit en français, retour aux guitare sèches, chansons rock, engagées et poésie, c’est les Oizeaux Vaches avec l’album Dollars ou du cochon en 2004. Mais aussi guitares post punk avec The Idiotz. Je ne fais pas beaucoup de live, on répète beaucoup ! J’ai même été bassiste dans un groupe de jazzfunk.

Pourquoi choisir de faire de la musique pour enfants ?
C’est une rencontre avec des instits qui me fait faire le saut. J’intervenais auprès d’une classe maternelle à La Chapelle Launay. Ils me proposent d’animer la fête de Noël 2012. J’ai dis OK, j’ai écrit la plupart des morceaux du Bal des moutards, mon premier album, en trois semaines, et j’ai continué. Des dates sont vite arrivées, le bouche à oreille, des festivals et hop ! Tout de suite mon choix était rock’n’roll, ça s’est imposé comme ça. Les enfants sont un super public, ils sont entiers, toujours enthousiastes, j’aime bien les énerver !

Tu crois que ce registre rock est vraiment ce qui fait kiffer les petits ?
SuperMarket c’est une attitude rock. Je sais bien que les enfants sont sensibles à la FM, aux icônes jetables de l’industrie musicale. Ce qui touche les enfants avec Supermarket, c’est l’interaction que je mets en place sur scène. Je suis entre la rock star et le clown. Dans le premier spectacle, je me fais adouber par le génie du rock à travers un vieux Gettho Blaster et j’embarque les mouflets avec moi. Supermarket, je le joue à l’énergie.

Est-ce que tu a toujours en tête de ne pas trop infantiliser tes propos ?
Toujours ! Je reste un adulte qui s’adresse à des enfants, j’ai mon regard d’adulte mais mon délire de gamin.

Quels sujets sont pour toi importants à aborder avec les petits ?
La vie est importante à aborder avec eux, le quotidien, la banalité ou les choses extraordinaires. L’idée pour moi, c’est d’en parler et d’imager les choses. Les Zanimals, c’est un peu ça aussi. Ces Zanimals si c’est un peu eux, c’est un peu moi, c’est un peu toi, c’est un peu nous quoi ! Je suis éducateur de formation, j’ai beaucoup travaillé en institution avec des enfants et des ados, j’avoue que de les fréquenter pendant toutes ces années m’aide à écrire. J’ai aussi trois enfants, je n’ai plus qu’à monter en épingle des situations. Après, il faut trouver les mots, je ne les ai pas toujours, l’idée de Supermarket c’est de se marrer des choses sérieuses. Le monde qui est là est dur, je ne leurre personne. Alors je bricole du rêve, je deviens poète pour mieux l’appréhender ce monde.

Parle-nous de ton nouveau spectacle autour des animaux et ta nouvelle « recrue » : David ?
Les Zanimals est né d’un travail avec des enfants de maternelles et leurs instits, Atsem et moi, l’an passé. L’idée pour eux, c’était d’avoir un support de travail pour l’année scolaire. Les animaux, ça parle toujours aux enfants. Moi, je m’occupais  de l’éveil musical, et j’ai écris 6 chansons, que l’on retrouve dans l’album Les Zanimals. C’est apparu plus tard de faire un disque de tout cela. Quand j’ai eu des retours de parents d’élèves qui me racontaient que l’enregistrement fait avec les enfants passait en boucle à la maison… Tiens, pourquoi pas un album ? Les Zanimals est un bestiaire déjanté, parfois punk, c’est très engagé aussi pour la planète, avec des ambassadeurs comme La Baleine, Le Panda, Paf! La Girafe, Une Poule, Un Paresseux, un Ours blanc dont la banquise fond, à cause de qui ? Pas de morale, pas de leçon, juste une façon d’aborder les choses. Chacun y prendra ce qu’il entendra et comprendra. Je connais David (NDLR – David est l’un des intervenants des ateliers instrumentaux de Trempolino) depuis quelques temps, on a eu des projets de travail en commun, on a la même activité, lui, avant, avec l’association Tambour Battant, moi avec Artis Facta. Je travaille aussi avec sa compagne à la maison de quartier de La Bottière. On s’est croisé dans le sud pendant les vacances, on boit un coup, on refait le monde et hop on joue ensemble. C’est une super rencontre, d’abord humaine ou bestiale, je ne sais plus. J’avais envie de jouer avec quelqu’un, d’avoir une formule de scène rock ‘n roll. Lui à la batterie, en zours blanc bi-polaire et moi, Supermarket, guitare, chant, sampler et veste girafe collector.

Cette release party à Trempo, sans trop en dire, aura quelle tournure ?
Elle sera rock’n’roll, ou ne sera pas !

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