Life report

The Hall – Scopitone 2014 : miroir, mon beau miroir !

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Interview de Cédric Huchet, responsable arts numériques sur le festival Scopitone, qui nous présente l’installation « The Hall » d’Emmanuel Biard et David Leonard (EN) présentée à Trempolino du 15 au 21 septembre 2014 (lundi & mardi : 12h30-19h ; le week-end : 14h-19h).

Peux-tu nous présenter cette oeuvre ?
C’est une installation cinétique issue de la collaboration d’un light designer et d’un ingénieur, une expérience « immersive » étonnante venant troubler la perception du spectateur. Constituée de miroirs montés sur des articulations mécaniques, de résonances sonores et lasers perçant le noir intense de l’espace, elle se présente comme un mur réfléchissant et vivant, qui renvoie en autant de faisceaux et reflets, une diffraction de la lumière et du monde réel.

« Miroirs, laser, et fréquences audios »

Comment as-tu découvert cette installation ?
J’ai découvert le travail d’Emmanuel Biard au travers de sa collaboration sur Archimede (Reflective), une installation également utilisée comme une scénographie originale pour Daedelus et commandée par le Coachella festival (sculpture robotique constituée de miroirs asservis). E. Biard a aussi collaboré au live de Evian Christ pour qui il a conçu un travail remarquable sur la lumière. E. Biard est light designer. Passionné par le live, il fait partie du label Hoya:Hoya et a collaboré avec nombres d’artistes, entraînant son ami David Leonard (développeur et ingénieur en robotique) lors de ses créations. Son travail sur la lumière, la vidéo, signe une approche singulière, travaillant sur les volumes, reflets, faisceaux, univers immersifs troublant la perception du spectateur. « The Hall », fait suite à une invitation du festival Future Everything à Manchester. Il a créé une pièce faite de miroirs, laser, et fréquences audios. Cette installation cinétique, lumineuse et sonore n’a été exposée qu’une fois à l’occasion de ce festival. Les deux artistes Koreless et Evian Christ y étaient également invités pour des performances jouées sur l’installation.

« Corrélation entre l’art, l’espace, l’architecture »

Pourquoi proposer celle-ci précisément au sein de Trempo, un bâtiment très « fort » architecturalement parlant ?
Nous avons discuté avec les artistes pour utiliser ce lieu brut, jouant ainsi (ou révélant) toute l’architecture de Trempolino. Il s’agit de l’une des démarches sous-jacente mais de plus en plus forte de Scopitone : l’adéquation, la résonance entre le propos artistique, et l’espace qui l’accueille. Cette réflexion a amené à de formidables échanges, où tantôt le lieu s’adapte à l’oeuvre, tantôt le contenu magnifie son écrin. La diversité des propositions et techniques utlisées dans le vaste champ de l’art numérique permet ce travail de corrélation entre l’art, l’espace, l’architecture (ou le patrimoine aussi). On évoquera aussi bien les volumes, la perspective, les géométries, les textures, les atmosphères, les esthétiques à proprement parler, comme les langages, les abstractions, ou les interactions (qui ne sont pas systématiquement techniques ou technologiques, mais souvent juste dans le rapport entre l’oeuvre, son espace et le public).

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