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« On a rapidement senti une vraie connivence » Julien Ostini et Antoine Maupas (Regarde les Hommes Tomber)

Le 23 novembre 2021 — par Sylvain Chantal

« Amusez-vous… » Après avoir donné quelques dernières recommandations avant le filage, Julien Ostini se glisse à l’arrière de la salle Micro de Stereolux, où Regarde les hommes tomber se produira le 26 novembre. De là, le metteur en scène, plus enclin d’ordinaire à œuvrer sur des productions d’opéra, se met doucement à dodeliner de la tête. La collaboration qu’il a entreprise avec le groupe de black metal semble porter ses fruits. On est revenu sur cette intrigante coopération avec Antoine Maupas, le guitariste de RLHT, et Julien Ostini.

Dans le cadre d’un accompagnement croisé entre Stereolux et Trempo, Regarde les hommes tomber se retrouve à travailler avec un metteur en scène d’opéra. Quelle est la genèse de ce projet ?

Antoine Maupas : Nous avons eu la chance de bénéficier d’un accompagnement de Trempo avec le dispositif 360. Dans ce cadre, on nous a fait plusieurs propositions, dont celle de collaborer avec un metteur en scène d’opéra. Nous avons trouvé cela génial. Le metal est un style musical à part et le confronter à celui de l’opéra nous a beaucoup excités.

Julien Ostini : Avec cet art spécifique qu’est l’opéra, j’ai plus l’habitude de travailler avec la musique classique. Mais mon père écoutait énormément de hard et de death metal. Un jour, alors que j’étais sur une production d’Angers Nantes Opéra, le chef machiniste du spectacle m’a parlé de Trempo et de la démarche de cette institution. Comme j’adore accompagner des artistes, apporter mon regard extérieur sur du coaching de trois ou quatre jours pour transcender une matière déjà existante, j’ai accepté l’idée de bosser avec Regarde les hommes tomber. Le groupe m’a envoyé les liens des albums et j’ai trouvé tout de suite qu’il y avait une vraie matière.

AM : Dans le metal, on est souvent un peu méfiants vis-à-vis des institutions. Mais là, ça a été une vraie surprise pour nous car Julien a directement compris de quoi nous parlions. Nous nous sommes trouvés beaucoup d’influences communes. Nous avons notamment évoqué des tableaux du XIXe siècle, comme les représentations de la Bible par Gustave Doré ou le Pandemonium de John Martin par exemple. C’est fascinant que certains peintres aient continué à cette époque de représenter le sublime, dans des formats gigantesques.

JO : Vos textes sont en effet remplis de références à l’Apocalypse. Quand on a commencé à discuter, j’ai notamment ressorti de ma bibliothèque des livres de Paul Éluard. Des textes sur la notion de destruction, plus que de violence. Davantage sur les conséquences de la guerre que sur la guerre en elle-même. Des écrits qui parlent de l’anéantissement et de comment on perd pied petit à petit. La fin de Satan de Victor Hugo est un texte magnifique qui illustre parfaitement le morceau Au bord du gouffre présent sur le dernier album de RLHT. En fait, avec les textes du groupe, je me suis trouvé face à une profondeur narrative à beaucoup de degrés. Je n’étais plus là seulement pour donner un coup de main sur l’esthétique, mais bien à la tête d’une vraie partition.

AM : C’est vrai ce que tu dis. C’est un point commun avec la musique classique : notre musique est très écrite…

RLHT avait déjà effectué des collaborations avec des personnes extérieures ?

AM : Oui, pour des visuels ou alors avec d’autres groupes de musique. Mais pas de cette manière, sur la scénographie. Avec Julien, tout s’est fait très naturellement et on a rapidement senti une vraie connivence. Mais rien n’était gagné à l’avance. Ça aurait pu mal se passer. Julien nous a fait travailler le sens de ce que nous exprimions dans nos morceaux. Par exemple, nous trouvions intéressant d’avoir du feu sur scène, par l’intermédiaire de bougies qui donnaient une ambiance un peu intimiste. On voulait quelque chose de millénaire. Or on n’a pas pu travailler avec ces bougies. Mais, avec Julien, nous l’avons intégré dans le processus de pensée.

JO : Oui, les chandeliers sont toujours là, mais les bougies sont presque toutes consumées. Seules une ou deux sont allumées, puis s’éteignent à la fin. Car on est à la fin de quelque chose, en fin de cycle. On se trouve dans une forme de poésie, celle de la vraie flamme, symbole de la vie dans toutes les religions. C’est la perte de l’espoir et de l’humanité…

AM : Nous avions peu de temps pour travailler le spectacle. Mais on aurait adoré avoir des statues et des ruines sur scène. Ça me fascine le passage du temps…

JO : Mais les statues, Antoine, en réalité c’est vous ! Je vous « travaille » en lumière comme si vous en étiez. À l’exception du chanteur qui bouge beaucoup, vous autres êtes statiques et devenez des éléments du décor. Avec l’éclairage, on retrouve ainsi une profondeur antique. Avec le choix d’allumer ou pas cette trajectoire temporelle. En tout cas, notre rencontre a été sauvage et abrupte. Il fallait que j’arrive vite à pénétrer votre univers, avec beaucoup d’attentes et peu de moyens pour faire de la scénographie comme on peut en avoir à l’opéra. Le set fonctionne formidablement comme il est. Dans l’absolu, il faudrait se voir dès la phase de studio pour le prochain album !

AM : Nous avions besoin de quelqu’un en qui avoir confiance et Julien nous a apporté une architecture. Forcément, des choses changeront au fil des concerts. Rien n’est figé. Nous avons juste marqué des espaces de jeu, qui ne demandent qu’à vivre et évoluer. Pour l’instant, la set-list est axée sur le dernier album, que nous avions sorti deux semaines avant le confinement et que nous n’avons quasiment pas joué sur scène. Mais elle bougera.

Julien, vous vous occupez d’un projet culturel axé sur l’économie sociale et solidaire, au château de Linières en Mayenne. Avez-vous pensé à poursuivre votre collaboration avec RLHT en les invitant à se produire chez vous, en milieu rural ?

JO : Bien sûr. J’y réfléchis pour l’été prochain. D’autant que je vais monter « Faust » comme opéra. Il y aura forcément quelque chose à mettre en écho.

AM : Ça nous plairait carrément…


Regarde les Hommes Tomber
→ En concert à Stereolux, vendredi 26 novembre 2021
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360 est un programme dédié au développement de carrière des groupes des Pays de la Loire. Il offre, sur une année environ, un accompagnement artistique (résidences scéniques, répétitions accompagnées, réalisations artistiques en studio, concerts sur des festivals nationaux, approches de l’action culturelle…) ; une recommandation auprès des professionnel·les (médias, diffuseurs), un accès au catalogue de formations et aux studios de Trempo.  + d’infos