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Musiques et Transitions

Slash Transition : à Nantes, un « local hub » pour définir les enjeux d’une résidence

Le 22 janvier 2024 — par Trempo

Lancé en août 2023, Slash Transition clôture sa première séquence : pendant trois mois, chaque partenaire européen a réuni, sur son territoire, des groupes de travail associant des personnes agissant à l’échelle locale dans des secteurs variés. Coralie Le Falher, coordinatrice de Slash présente le rôle et la fonction du hub nantais.

Bonjour Coralie, peux-tu nous expliquer ce principe de local hub ?

Le but de ces temps de travail collectif est de produire un brief qui servira de guide à l’artiste qui viendra en résidence. Ce compte rendu lui donnera des explications sur le contexte, les forces vives en présence sur le territoire, les lieux et espaces à découvrir. Il pourra également y trouver des suggestions d’approche pour son travail de création sonore. Attention : ce n’est pas une commande, mais un dispositif pour accompagner et éclairer le contexte, car chaque artiste en résidence sera issu d’un autre pays de la coopération. 

Concernant Trempo, quel est le territoire sur lequel vous travaillez et comment l’avez vous défini ? 

Au départ nous avions pensé une zone autour de Trempo. Notre structure est implantée du côté ouest de l’île de Nantes. Mais finalement c’est une réflexion qui a pris du temps, et au fur et à mesure de nos discussions avec les acteurs et actrices du territoire, nous avons décidé d’étendre ce périmètre depuis l’ouest de l’île jusqu’à la limite de Wattignies, qui est l’axe qui sépare l’île en deux entre l’ouest et l’est, en intégrant le quartier historique de République-Les Ponts. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a beaucoup de changements sur cette partie de l’île de Nantes, notamment un énorme chantier au sud de Trempo. Il nous semblait également important que la zone ne soit pas trop grande. En effet, nous devions en l’espace de trois mois, identifier des lieux jugés symboliques pour différentes raisons et être en mesure de présenter des éléments concrets à l’artiste et aux partenaires. 

Qui a participé à ces local hub et comment le groupe s’est-il constitué ?

Lorsque nous avons commencé la réflexion sur le territoire d’expérimentation, nous avons discuté avec des partenaires avec qui nous travaillons habituellement, à commencer par la Ville et la Métropole de Nantes. Dans un premier temps, nous avons échangé avec des structures comme l’Ardepa et l’agence Bien Urbaines afin de mieux appréhender les aspects architecturaux et urbains du territoire. Puis, nous avons contacté les structures qui étaient implantées dans la zone d’expérimentation que nous avions défini : le Wattignies, tiers-lieu culturel et solidaire, le village solidaire des 5 Ponts, et l’association « Des ponts entre nous », qui réunit des habitants et habitantes des quartiers République, Mangin et des 5 Ponts. Puis nous nous sommes entourés de personnes issues du champ académique comme une sociologue spécialiste des lieux transitoires, du lien entre art et espace public, entre art et urbanisme. D’autres structures ont été présentes de manière plus ponctuelle comme la Direction de quartiers Sud de la mairie de Nantes, la SAMOA, Société d’aménagement de la métropole Ouest Atlantique ou encore Naolib, le réseau des transports en commun de la ville de Nantes.

Enfin, nous avons fait appel à des artistes puisque le but premier du groupe de travail, c’est de préparer le travail d’un artiste en résidence, c’était donc essentiel !

Vous bénéficiez donc du soutien des pouvoirs publics ?

Oui, nous sommes soutenus financièrement par la Commission Européenne et la Région Pays de la Loire sur ce projet. Comme je le disais, la ville et la métropole sont aussi les premiers contacts avec lesquels nous avons échangé. Nous avons pu discuter des transformations qui ont lieu en ce moment, celles qui auront lieu aussi dans les futures années, d’avoir des projections sur les différentes temporalités, de voir aussi quelles sont les priorités, je dirais, pour la métropole et pour la ville en termes culturels. 

De quelle manière votre territoire est-il en transition ? Quelles sont les thématiques que vous avez identifiées ?

Ce qui en ressort nettement, c’est la transition liée aux chantiers et aux travaux en cours. Cette transition est intense, dure depuis déjà plusieurs années et implique beaucoup de nouvelles constructions, avec des impacts sociaux importants. Cette problématique sociale est revenue très souvent dans nos discussions, notamment les conséquences directes d’un chantier long avec de gros travaux : le bruit, les flux, la circulation, comment vivre au milieu de tout ça. Il y a aussi, par exemple, la question de l’ancien qui côtoie le nouveau. 

Quel a été le point de vue des artistes du local hub ?

Il y a eu pas mal d’interrogations au début. Le sujet n’est pas simple et les artistes du groupe de travail ont fortement contribué à la discussion. Par exemple, lorsque nous avons eu une réflexion pour décider collectivement des lieux jugés symboliques, il était nécessaire d’avoir leur avis. Leur manière d’appréhender le sujet leur permet de se mettre à la place de celui ou celle qui sera en résidence et de se poser les meilleures questions de ce point de vue.

Pour vous, quel est l’apport de mener ces réflexions dans le cadre d’un projet européen ?

La raison d’être des projets européens, c’est de permettre cet échange culturel entre les différents pays. C’est aussi intéressant de comparer nos conclusions avec les partenaires, de voir à quel moment on se retrouve sur des problématiques et à quel moment les réalités sont trop différentes. Les cinq territoires ont des contextes urbains, sociaux et politiques différents, et malgré tout, plusieurs d’entre nous sont confrontés à la gentrification par exemple.

Notre partenaire géorgien, Mutant Radio, aura pour mission de mettre en récit le projet, pour faire le lien entre ces différents territoires et les résidences artistiques. 

Quelle est la feuille de route après les dernières réunions des local hubs ? 

Chaque local hub va rédiger un brief avec ses conclusions, puis de décembre à janvier les partenaires proposeront trois à cinq artistes, et un comité artistique choisira les artistes définitifs pour chaque territoire. Au mois de mars, ces cinq artistes viendront dix jours en formation à Nantes pour prendre connaissance des résultats des différents groupes de travail et approfondir la façon dont un tel projet peut leur permettre de renforcer leur carrière professionnelle. Après ça, tout le monde sera prêt·e pour partir en résidence et commencer le travail artistique.

Quels sont les résultats que tu espères pour ce projet ?

L’un des grands objectifs du projet est que l’artiste puisse s’appuyer sur ce travail d’expérimentation une fois de retour dans sa propre ville, trouver d’autres opportunités, faire partie des réflexions à l’échelle locale, et penser sa place sur son territoire. Finalement, le but de Slash Transition, c’est d’essayer de questionner la place de l’artiste dans le tissu local, et de réfléchir au statut de l’artiste citoyen·ne. Ce ne sont peut-être pas là les choses sur lesquelles nous travaillons en ce moment, c’est encore un peu tôt, mais en tout cas c’est des choses que nous souhaitons aborder et questionner pendant les quatre ans du projet.

Les membres du local hub nantais : Nicolas Bugel (président de l’association Des Ponts Entre Nous), Clarie Moureau (coordinatrice du Village solidaire des 5 Ponts), Thomas Cochini (artiste, compositeur et agronome), Raphaèle Pilorge (responsable de l’action culturelle à Trempo), Benoit de Vasson (Naolib), Cassandra Eloi et Sarah Huvelin du Wattignies, Colombe Lecoq-Vasson (artiste, diplômée des Beaux-Arts de Nantes et curatrice d’exposition), Fanny Broyelle (sociologue, anciennement co-directrice de Pick Up Production), Lénaïc Le Bars, Sophie Maitrallain et Karine Pierre (SAMOA), Géraldine Gouret (chargée de développement île de Nantes à la direction de quartiers Sud de la mairie), les étudiant·es en master au Media Lab de L’Ecole de Design de Nantes Atlantique, Chloé Nataf (responsable du pôle Musiques et Transitions à Trempo), Coralie Le Falher (coordinatrice du projet Slash Transition à Trempo).

Propos traduits de l’article paru sur le site www.slash-platform.eu
Interview : Cécile Moroux
Photo de une : Jérémy Jehanin
Autres photos : Trempo

De 2023 à 2027, Trempo coordonne Slash Transition, un nouveau projet explorant la place et le rôle des artistes sonores dans les territoires en transition, avec sept partenaires et dix artistes à travers l’Europe. Slash est cofinancé par l’Union européenne dans le cadre de son action préparatoire Music Moves Europe et du programme Europe Creative.

www.slash-platform.eu