REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30) REPRISE DES ÉVÉNEMENTS : ATELIERS EN SCÈNE (14 MAI À 18H30), CARTE BLANCHE À QUE DU FUN (16 MAI À 20h30)
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(Vidéo) Sunglasses when cloudy : la réflexivité en résidence

Le 10 avril 2024 — par Trempo

Invitées pour six semaines de création par Trempo et l’école des Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire, Clara Baudry (Nantes), Miruna Gheordu (Roumanie) et Anaïs Lapel (Nantes) dévoilent du 16 au 27 avril à la galerie Sabrina Lucas une exposition collective, ancrée sur l’île de Nantes et sa mémoire.

S’inspirer de l’île de Nantes et créer du lien avec les communautés locales : voilà les pistes suggérées aux trois artistes sélectionnées par Trempo et l’école des Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire, dans le cadre de la plateforme européenne Magic Carpets. Clara Baudry, Miruna Gheordu et Anaïs Lapel ont choisi d’intituler leur exposition Sunglasses when cloudy, un titre à tiroir qui renvoie autant au passé de l’île de Nantes qu’à la situation actuelle des artistes.

L’île de Nantes : histoire politique et geste mémoriel

Au travers de ce titre énigmatique, c’est l’idée du contraste que le trio a choisi de travailler. « Un geste contradictoire, qui peut signifier que quelque chose ne va pas » amorce Clara, artiste visuelle et réalisatrice nantaise, avant de préciser :

« C’est la question du statut de l’art dans l’île et son histoire que nous abordons. Longtemps, c’était un terrain vague où les artistes venaient et s’organisaient en toute liberté. Aujourd’hui, c’est un peu différent. Nous avons été touchées par ces histoires d’artistes repoussé·es par le béton. Il est difficile de travailler sur l’île de Nantes sans penser à nos prédécesseur·ses ; en ce sens, notre travail est aussi un geste mémoriel. »

Ce geste mémoriel s’incarne dans une installation collective présentée à la galerie Sabrina Lucas qui mêle les œuvres de chacune des trois artistes. La pièce que présente Anaïs Lapel, artiste visuelle auto-éditrice, consiste ainsi en un tas de morceaux de bitume prélevé sur un chantier du boulevard de la Prairie au duc. Du bitume émane une pièce sonore, des micro-histoires collectées auprès de personnes ayant fréquenté l’île dans les années 1990, alors que la friche dominait le paysage. Pour l’accompagner, une édition sérigraphiée a été réalisée à partir d’archives dans le cadre d’un workshop avec les étudiant·es des Beaux-Arts.

Le Jardin C à la croisée

Si l’expérience sonore réunit les trois artistes, l’intérêt pour l’espace aussi, et ces deux aspects se sont incarnées dans le Jardin C, un lieu interstitiel voisin de Trempo. En septembre, il accueillait une lecture à laquelle les deux artistes nantaises assistaient. 

« Un artiste lisait et à ce moment, l’éléphant s’est fait entendre, alors que dans un même temps des voitures roulaient à toute vitesse sur le boulevard voisin et que deux hommes passaient avec la musique à fond. Je pense que toute la violence qui a suscité notre travail pendant cette résidence était contenue dans ce moment. C’était l’histoire d’une petite communauté, englobée dans une autre communauté plus large qui est en train de la phagocyter. » explique Anaïs Lapel

Miruna Gheordu, DJ et artiste multidisciplinaire roumaine, y a réalisé et enregistré un set sans public, afin d’explorer les idées qu’elle développe dans le cadre de son doctorat – « les relations entre les vibrations de la musique électronique et les bases structurelles de l’environnement. ». Cette performance, reproduite dans plusieurs lieux de l’île (au sein d’un chantier, sur un bateau, dans chapiteau…) constitue une oeuvre sonore et vidéo proposée au sein de l’exposition. Clara Baudry a quant à elle créé une installation sonore et vidéo, « bâtie sur l’histoire de cette lecture » au Jardin C : une structure en bois équipée de casques diffusant en flux audio continu, « des poèmes, des textes à la première personne ou encore des extraits d’interview, où chaque histoire est personnelle et traite d’une ou plusieurs violences subies. »

Éthique de la production et résidence

Particulièrement soucieuses de « l’éthique de la production », les trois artistes ont choisi de s’intéresser spécifiquement aux conditions du travail de création avec les étudiant·es, dans une sorte d’involution. Anaïs Lapel a ainsi choisi de centrer son workshop sur cette thématique, sans être « préoccupée par ce à quoi on aboutirait mais davantage par la manière dont on y arriverait ensemble. »  De la même manière, Clara Baudry, qui n’est pas « arrivée avec une idée, mais avec la volonté de créer un dispositif », s’est dite « très chanceuse » d’avoir eu une « connexion spéciale » avec les étudiant·es : « ce qu’iels m’ont offert est aujourd’hui au coeur de ma pièce. Iels se sont pleinement approprié·es mon intention et c’était très touchant. »

Une résidence sororale

Si certains enjeux politiques du travail créatif ont été sondés pendant la résidence, un aspect spécifique a particulièrement été apprécié : « travailler entre femmes et de manière féministe ». Toutes les trois ont fait l’expérience récurrente du mansplaining dans leurs activités artistiques, mais à Trempo, « savoir qu’il n’y a juste pas l’éventualité de ce genre de remarques, se voir toujours comme des égales, sans jamais se poser la question, nous a permis de nous concentrer sur notre travail. »  se réjouit Clara Baudry.

« En tant que femme, on est socialisée à ne pas trop se mettre en évidence, et cette fois, on ne s’est pas posé la question. Dans ce sens, rencontrer Paloma Colombe, qui fait plein de conférences féministes sur les violences dans la scène musicale, c’était une chance. » abonde Miruna Gheordu.

Qu’il s’agisse de la précarité des artistes, de la gentrification ou des violences sexuelles et sexistes, le travail réalisé durant la résidence et l’exposition constitueront sans nul doute une lueur d’espoir, car comme le fait remarquer Anaïs Lapel, « mettre des lunettes de soleil quand c’est nuageux, c’est peut-être attendre le soleil. »

Rédaction : Simon Grudet · Photo : Mathilde Guiho



Sunglasses when cloudy

Exposition collective de Clara Baudry, Miruna Gheordu et Anaïs Lapel

Du 16 au 27 avril, galerie Sabrina Lucas (20 rue Pierre Landais, Nantes)
Du mardi au samedi de 13h30 à 18h30 (sauf mercredi 13h30 à 17h30).
Plus d’infos

Vernissage + concerts
Mardi 16 avril
18h30 : vernissage, galerie Sabrina Lucas

21h : concerts, performances et lives à Trempo avec Prima Materiae, Crimesex et Miruna Gheordu
Plus d’infos

 

MagiC Carpets

La plateforme MagiC Carpets réunit quinze organisations culturelles en Europe qui invitent des artistes d’horizons variés (musique, arts visuels) pour créer avec d’autres artistes et des communautés locales des oeuvres qui mettent en valeur les spécificités du territoire. 

Depuis 2020, Trempo et l’école des Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire portent ce projet conjointement. En quatre ans, cinq résidences ont eu lieu sur l’île de Nantes, réunissant des artistes nantais·es et européen·nes travaillant en lien avec les communautés locales, notamment les étudiant·es des écoles d’enseignement supérieur. Les résidences ont donné lieu à des expositions, des performances et des vidéos.  Parallèlement, grâce à la plateforme MagiC Carpets, cinq artistes nantais·es ont pu aller en Angleterre, en Roumanie, au Portugal ou encore en Suède, pour participer à des résidences artistiques. 

magiccarpets.eu