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Fyrs, déjeuner en paix

Illustration de l'article « Fyrs, déjeuner en paix ». © David Gallard. © David Gallard

En résidence à Trempo la semaine dernière, Fyrs s’est confié pendant une pause-déjeuner. Ses expérimentations personnelles, son concert aux iNOUïS du Printemps de Bourges, la préparation de son premier EP… Malgré son patronyme, pas de peurs à avoir : tout va bien.

— par Sylvain Chantal

Le café est serré, le timing aussi. Entre deux sessions de coaching, Tristan Gouret a trente minutes pour se raconter. Chemise rayée et pin’s d’avion épinglé sur une veste de travail bleue, on l’a identifié sans souci en pénétrant dans le bar de Trempo. On le laisse grignoter une dernière bouchée de sandwich, avant de lui demander d’évoquer le projet Fyrs qui, non non précise-t-il, n’est pas un groupe mais bien son blase à lui. « Tristane Gurrette », même lorsqu’on le prononce à l’anglaise, ça ne marchait pas. Alors il a choisi « Fyrs » à son retour de Bristol, ce « petit Nantes » où il a passé une année, bac littéraire en poche. « Le but de mon séjour était de voir comment était la musique là-bas, d’assister à plein de concerts et, très vite, j’ai eu envie de me trouver moi, explique le musicien devenu bilingue. Je veux aller loin dans l’expérimentation personnelle, être le plus crédible possible, gagner en maturité dans l’écriture et donner une dimension plus grande à mon projet. »

Multi-casquettes

C’est peu de le dire, le garçon a les idées claires et sait ce qu’il veut. « J’avais fait un ou deux ans de solfège, mais la pratique ne me plaisait pas. Je me sentais frustré car j’avais besoin de partir dans l’expérimentation et la création. » Tristan souhaite être « multi-casquettes », et pas seulement comme la Carhartt qu’il a vissée sur la tête et qui épouse sa frange brune. « J’ai commencé la guitare en CM2. J’écoutais beaucoup de musique avec mes parents. Plus tard, ils m’ont emmené à des festivals. C’était impressionnant de partir à la découverte de ces sensations. Mon premier concert, tout du moins celui qui m’a le plus marqué, c’était celui de Kaiser Chiefs aux Vieilles Charrues. C’était en après-midi, avec beaucoup de monde. Et puis il y avait ce chanteur anglais, Ricky Wilson, qui avait une énorme présence et qui se baladait partout sur la scène… » Dans sa pratique personnelle, Tristan s’avoue moins extravagant. « Sur scène, je suis plus centré. Forcément, la guitare ça enferme. C’est un élément qui permet de se cacher un peu. Cela dit, je me permets quelques libertés quand je n’en joue pas. J’essaie d’être plus théâtral. »

Chercher ses émotions

Les 3 et 4 septembre, Fyrs a été aidé en cela par deux coachs, Annaïck Domergue et Erwan Noblet. Cette année, Fyrs a en effet intégré 3601, le programme de Trempo dédié au développement de carrière des groupes des Pays de la Loire. « Durant la résidence, nous avons travaillé la partie scénique. Cela m’a permis de faire ressortir des choses, d’assumer des postures et d’éclaircir certains points, comme ma voix ou mon statut par exemple. Nous avons contextualisé le projet et échangé sur des aspects plus personnels. L’idée était d’aller chercher mes émotions, en creusant le sens des paroles notamment. » Ce mardi 8 septembre, il en présentera les premiers résultats devant le public nantais. Ensuite, direction Bourges pour les iNOUïS, où il réitérera son show le 17 septembre, mais devant des professionnels cette fois. Covid oblige, son auditoire sera assis et masqué. Ce qui pourrait être déstabilisant… « Je vais essayer de faire abstraction et d’en tirer les côtés positifs. Le public sera encore plus à l’écoute que d’habitude et ça c’est chouette. On fera ce concert comme n’importe quel autre et du mieux possible. »

Un EP début 2021

La suite pour Fyrs, ce sera la sortie en octobre du clip de The swirl of love, réalisé par Axel Vanlerberghe avec qui il a déjà collaboré sur une session au Lieu unique. Puis, « fin janvier, début février », l’édition de son premier EP. Produit par Simon Quénéa et Pierre Cheguillaume, membres du groupe nantais Inüit, le disque est actuellement en cours de mixage. Café et sandwich terminés, on laisse le jeune musicien remonter dans les studios de Trempo. Et creuser le sens des paroles, et assumer ses postures, et chercher ses émotions. Ça semble bien parti.

Concert au bar de Trempo le 8 septembre à 18h30 – Jauge limitée à 80 personnes assises. Possibilité de réserver votre billet (gratuit) en ligne, sur cette page, le jour du concert à 9h.

1 360 est un programme de développement de carrière d’artistes des Pays de la Loire, coordonné par Trempolino. Il reçoit le soutien de la Région Pays de la Loire et du Ministère de la Culture.

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