Life report

Vas-y, mets ta moustache

Illustration de l'article « Vas-y, mets ta moustache ». © Simon Grumeau. © Simon Grumeau

Né d’une rencontre entre Martin et Fabrice lors d’un stage de chant à Trempo, Parpaing Papier est désormais quatuor. Le groupe nantais, qui vient de sortir son premier EP Tester des casques, prépare sa release party de septembre au Ferrailleur. D’ici là, Martin aura certainement changé de visage.

— par Sylvain Chantal

Une moustache, ça vous change un visage. Surtout la « moustache en croc », celle qui rebique sur les côtés. On était donc sûr, en donnant rendez-vous au chanteur de Parpaing Papier, de le reconnaître facilement : le matin-même, on avait revisionné le clip du morceau Tester des casques et il n’y aurait pas lieu de se tromper. Las, point de sosie de Salvador Dali en terrasse, et c’est lui qui vient nous aborder au bout de quelques minutes. Bah, et ta moustache ? « Je l’avais laissée pousser pour le clip, répond Martin. Même que le tournage a été retardé, j’ai dû la garder longtemps… Je l’ai rasée après, mais ma copine veut que je la refasse pousser pour son anniversaire. Bref, je vais être obligé de la remettre… » Après ces considérations pileuses, arrive Fabrice, bassiste du groupe, et l’entretien peut commencer.

Le chant des possibles

C’est à Trempo qu’est née l’aventure Parpaing Papier. En avril 2018, Martin y effectuait une session de coaching vocal avec François Valade, professeur au Cours Florent Musique et coach vocal (-M-, Assassin, Charlotte Gainsbourg, Tété, Vianney…). Martin, ancien membre du combo punk rock Kiemsa, était venu tester des morceaux dont il avait préparé les maquettes avec un ami guitariste. « Jusqu’ici je criais plus que je ne chantais. Et j’avais envie de m’aguerrir. Une formation comme celle-ci, ça bouscule. » Et ça permet aussi de faire des rencontres, notamment celle de Fabrice, venu « renouveler son horizon musical » et « se mettre à nu ». « J’ai présenté à Fabrice mes morceaux et le concept que je souhaitais monter,  raconte Martin. Celui d’un groupe de rock énergique dans lequel chaque membre chante, avec une vraie volonté de faire de la pop mais avec du gros son. Il a direct été tenté. » Deux mois plus tard, lors d’un concert de Spot, dispositif d’aide aux jeunes talents, Martin rencontre Corentin (alias Coco, par ailleurs membre de 54 que nous accompagnons via le programme 360), batteur de The Mirrors, et lui demande des conseils pour recruter un batteur. « Corentin s’est tout de suite auto-vendu. » Les premières répétitions à trois commencent donc à l’été 2018, mais il manque un guitariste, et impossible d’en trouver un dans le réseau. « On cherchait UN guitariste, mais on n’avait pas pensé à UNE guitariste », se souvient Fabrice, qui connaît une élève en cycle spécialisé au Conservatoire de Nantes : Clothilde. Cette dernière passe une audition et séduit d’emblée le trio, malgré son jeune âge. « Nous avons dix-huit ans d’écart, Clothilde et moi, s’amuse Martin. J’ai un peu avec elle le rôle de grand-frère. Mais elle prend tellement sa place sur scène… Et puis, grâce à elle, la moyenne d’âge du groupe tombe à 26 ans. »

L’acte fondateur

C’est le 22 janvier 2019 que naît officiellement Parpaing Papier. Avant d’enregistrer un premier EP, le désormais quatuor décide de faire à nouveau appel à François Valade. « On lui a proposé de faire nos arrangements vocaux avant d’entrer en studio, explique Martin. Cela nous a permis de nous accaparer les morceaux. Il est venu de Paris quelques jours, spécialement pour nous. On l’a bichonné. Si on a le bonheur d’enregistrer d’autres morceaux un jour, c’est un truc qu’on continuera de faire. » Le groupe se rend ensuite au Garage Hermétique, le studio d’enregistrement rezéen où sont, entre autres, passés Dominique A, Philippe Katerine et The Libertines. Martin connaît bien le tenancier des lieux, Nicolas Moreau, qui a enregistré les premières maquettes de Kiemsa en 2001. L’ingénieur du son fera même quelques semaines plus tard une apparition remarquée dans un rôle de « savant fou » dans le clip de Tester des casques. « Cet enregistrement a été l’acte fondateur du groupe, explique Fabrice. Tous les quatre, nous poussons dans le même sens et nous sommes vraiment dans un processus de création de groupe. »

Tester des claques

Aujourd’hui, Parpaing Papier a déjà effectué cinq concerts et ne compte pas en rester là. « L’avantage, c’est que tous les quatre nous avions chacun notre propre réseau. Nous avons donc fait appel à des programmateurs qui nous connaissent individuellement depuis longtemps. Nous avons même des touches à l’étranger, notamment en Allemagne où Kiemsa a donné une centaine de concerts. On rêverait de jouer au Québec aussi. Pour l’instant, nous n’avons pas de booker et nous nous débrouillons seuls. Mais nous sommes ouverts à tout… » Le groupe s’est tout de même offert les services d’une attachée de presse pour promouvoir le EP sorti le 17 juin dernier. Un EP disponible sur toutes les plateformes numériques et qui, en 24 heures, figurait déjà en 16e place du classement des groupes alternatifs sur iTunes. « Nous espérons également le sortir en vinyle pour la release party que nous organisons le 19 septembre au Ferrailleur, en compagnie de nos amis La Rancœur et Die Cabine. Mais nous ne voulons pas nous lancer dans une campagne de financement participatif. Nous avons déjà assez sollicité nos copains comme ça avec le clip ! » Ce clip, réalisé au stade Michel Lecointre par les vieux amis de Studios Bellarue 17, met en scène quinze joueurs de football américain de l’équipe des « Dockers de Nantes » qui plaquent au sol les membres de Parpaing Papier pour… tester leurs casques. Leur coach, «Bad», est responsable de la sécurité au Ferrailleur, où Martin se produit souvent comme DJ. Une histoire de copains, encore une fois…

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