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Shkyd, le polyactiviste

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Compositeur beaucoup, journaliste un peu, activiste toujours, Shkyd cumule les casquettes. Il sera à Trempo du 28 au 30 octobre pour encadrer une dizaine de musicien·nes amateur·es nantais·es. Son credo : insuffler des idées et encourager la liberté.

— par Sylvain Chantal

« J’ai rencontré l’équipe de Trempo il y a deux ans. J’avais été invité à donner une conférence dans le cadre de Slash (programme de formation à échelle européenne créé par Trempo, NDLR). De là, est venu un début d’amour pour Nantes… ». Cette ville, Julien Jaubert, aka « Shkyd », la retrouvera fin octobre. Le compositeur et éditeur encadrera un stage de création musicale à destination des rappeurs, rappeuses et beatmakeur·ses amateur·es nantais·es. L’idée est de permettre à ces musicien·nes autodidactes d’élargir le cadre de leur pratique artistique, en créant les conditions de la rencontre avec des pair·es et des professionnel·les. Programmé à Trempo du 28 au 30 octobre, en lien avec le festival Hip Opsession, ce Boot Camp Hip Hop est initié par Trempolino en partenariat avec Pick Up Production et les pépinières jeunesses de la Ville de Nantes (la fédération Léo Lagrange et Horizon Jeunesse). « Il m’est déjà arrivé de participer à des masterclass. J’aime beaucoup rencontrer de nouveaux profils, qu’importe leur niveau. Je peux être utile pour apporter un cadre. Je serai dans le fond, comme coach, et j’essaierai d’insuffler des idées, de donner confiance à ces jeunes artistes et de les aider à traduire ce qu’ils ont à dire. J’encourage beaucoup la liberté. »

Pour cela, Shkyd n’a pas de méthode gravée dans le marbre. « Ma réponse est sans doute un peu ésotérique, mais je crois beaucoup à la synergie naturelle du moment. Il faut essayer de canaliser les énergies, surtout quand elles sont naissantes. Ensuite, c’est toujours beau de voir où cela mène. » Pour préparer ce rendez-vous, Julien Jaubert a consulté les profils des participant·es et écouté des extraits de leurs productions. Après le stage de trois jours, il gardera contact avec celles et ceux qui le souhaitent. « Lors d’un événement comme celui-là, on crée des histoires et j’aime garder des liens. Je suis toujours connecté et j’écoute tout ce qu’on m’envoie. Si je peux continuer à aider une fois le contact noué, tant mieux… »

Investir les instances avec le hip hop

D’autant que le polyactiviste connaît du monde, et cela peut aider parfois… « Je suis principalement compositeur et éditeur, mais j’ai été dans une position proche du journalisme. Et, ayant travaillé avec des journalistes, il est vrai que je dispose d’un certain réseau…  Cela facilite par exemple un passage radio pour un·e artiste avec qui je travaille. » Compositeur, éditeur, DJ, journaliste, Julien Jaubert est avant tout passionné par le milieu dans lequel il évolue. « Tout converge. Ça m’intéresse de lire, comprendre, écrire, écouter. Pour certaines conversations que je mène avec la casquette de journaliste, on me donne d’autres réponses que si je n’étais que musicien. Mais je ne me considère pas comme un “slasheur”. Ce serait beaucoup me surestimer : je travaille dans le même domaine, avec des positions différentes. Ça reste le même secteur ».

Un secteur pour lequel Julien Jaubert aime défendre les intérêts. Il milite notamment pour que les acteurs et actrices du hip hop s’investissent dans les institutions, comme le Centre National de la Musique, créé en janvier dernier, ou la Sacem. « On donne l’impression aux artistes que c’est trop compliqué, mais ça ne l’est pas tant que ça. Les artistes ont beaucoup de questions. Où va leur argent par exemple ? Quelle est l’importance du streaming, dont le pourcentage s’est décidé sans eux ? Il est important, surtout à notre époque, que les artistes s’emparent de ces questions. C’est dans leur intérêt. Au sein du CNM, il n’y a pour l’instant que deux artistes : Suzanne Combo au conseil d’administration et Blick Bassy au conseil professionnel. J’espère que dans un ou deux ans des gens du rap ou de la musique électro seront représentés dans ces instances. »

La santé mentale des musiciens, un sujet crucial

Shkyd est par ailleurs membre du collectif Cura, qu’il a cofondé avec trois personnes, et s’intéresse particulièrement au sujet de la santé mentale des musicien·nes. Auteur d’un article pour Yard intitulé La santé mentale : succès dans le rap américain, silence dans le rap français, il a été récompensé comme journaliste au festival Reeperbahn de Berlin. « C’est un sujet crucial de notre époque où tout s‘accélère sans cesse. Pour l’instant, nous sommes plutôt dans le constat, mais nous voulons aller plus loin. Nous travaillons notamment sur une carte interactive avec des adresses de kinés ou de nutritionnistes par exemple, sur des villes comme Paris, Lyon ou Bruxelles. Nous voulons rendre cela le plus accessible possible. Mais nous n’avons pas envie de mettre la charrue avant les bœufs. Nous attendons d’avoir des partenaires pour bénéficier de moyens et nous fédérer davantage. »

© Photo : Sébastien Calvet/Les Jours

Boot Camp Hip Hop
Les 28, 29 et 30 octobre, Trempo
Initié par Trempo, en partenariat avec Pick Up Production dans le cadre du festival Hip Opsession.
Avec les pépinières jeunesse de la Ville de Nantes : Fédération Léo Lagrange (EclectiC, TriptiC) et Horizon Jeunesse.

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